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Autant que possible, nous publierons des articles de spécialistes concernant l'Alcaptonurie-Ochronose.

Figurent ci-dessous, des articles concernant :

1) Gestion et thérapie de l'Alcaptonurie
2) Régime restreint en protéines pour les malades de l'Alcaptonurie
3) D
escription et traitement de l'Alcaptonurie

1) GESTION ET THERAPIE DE L'ACAPTONURIE :

Source : Dr Pim Suwannarat - MD Clinical Genetics Fellow NHGRI/NIH (USA)

Pour tenter de traiter l’Alcaptonurie, il faut corriger la déficience métabolique sous-jacente et prévenir ou guérir les modifications pigmentaires et arthritiques qui en résultent.

Il n’y a cependant actuellement aucun traitement prouvé, qu’il soit préventif ou curatif.

En restreignant dans l’alimentation les précurseurs des acides aminés, la Phénylalanine et la Tyrosine, on n’a pas démontré qu’il y a amélioration des symptômes. Il est, en outre, extrêmement difficile de maintenir cette réduction à long terme.

En ce qui concerne la vitamine C anti-oxydante; des cochons d’Inde nourris avec de grandes quantités de Tyrosine pour leur provoquer l’Alcaptonurie ont été apparemment protégés par cette vitamine. Malheureusement, la vitamine C n’améliore pas le type héréditaire de l’Alcaptonurie chez les humains.

Il est donc recommandé de détecter cette maladie de bonne heure et d’en traiter les symptômes.

Ochronose :

Il n’y a pas non plus de traitement clinique prouvé, que ce soit pour prévenir ou guérir les modifications pigmentaires dues à l’Alcaptonurie.

Articulations :

Il est capital de porter une grande attention aux douleurs des articulations des malades de l’Alcaptonurie. Un contrôle insuffisant des douleurs peut conduire à un fonctionnement restreint de l’articulation affectée, entraînant une diminution de sa mobilité.

Selon notre expérience, un traitement régulier à long terme avec des médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens, combiné avec un traitement épisodique à court terme avec des médicaments à action puissante pour réduire les crises aiguës, peut être bénéfique.

Thérapie physique et ergothérapie sont importantes pour maintenir force et flexibilité des muscles. Un programme de natation ou d’activités physiques en piscine est idéal, car il implique moins d’efforts sur les articulations.

Il faut éviter le travail manuel ou les sports violents, qui peuvent soumettre la colonne vertébrale et les grosses articulations à des efforts importants. On aide ainsi peut-être à retarder la progression de l’arthrite.

On peut recourir à la chirurgie pour remplacer des articulations atteintes d’arthrite importante, mais c’est généralement plus pour soulager que pour une meilleure mobilité.

Autres organes :

A partir de 40 ans, il est recommandé de faire un bilan cardiaque, vu les complications possibles dues à l’Alcaptonurie.

Un échocardiogramme peut détecter une calcification de la valve aortique et de la valve mitrale.

Une tomographie par ordinateur, ou "CT scan", de la poitrine peut détecter une calcification de l’artère coronaire.

Peuvent aussi apparaître chez certains malades de l’Alcaptonurie des calculs dans les reins et dans la prostate, qui exigeront peut-être de la chirurgie.

Traitement potentiel :

Un traitement éventuel sur l’anomalie primaire de l’Alcaptonurie a été proposé : la Nitisinone, ou NTBC.

La Nitisinone est un herbicide qui provoque la décoloration des plantes. C’est un inhibiteur de l'enzyme 4-hydroxyphénylpyruvate dioxygénase (HPPD), qui produit de l’Acide Homogentisique, le composé qui est considéré comme étant la cause des signes et symptômes de l’Alcaptonurie.

Il a été démontré que la Nitisinone réduit l’Acide Homogentisique dans les urines des malades de l’Alcaptonurie.

La Nitisinone est autorisée actuellement pour traiter la Tyrosinémie de type 1, une grave maladie du foie chez les bébés et les enfants, mais n’est pas autorisée pour traiter l’Alcaptonurie.

Des effets secondaires possibles proviennent des niveaux élevés de Tyrosine produits par l’usage de la Nitisinone. Ceci peut conduire à des complications oculaires, telles que sensibilité à la lumière et formation de cristaux dans la cornée. Cependant, aucune lésion oculaire permanente n’a été rapportée.

Il est nécessaire de faire des études plus approfondies sur le traitement de l’Alcaptonurie par la Nitisinone pour identifier le dosage approprié, ses avantages, sa sécurité et ses effets secondaires éventuels.

 

2) RÉGIME RESTREINT EN PROTÉINES POUR LES MALADES DE L'ALCAPTONURIE :

La principale cause d’invalidité des malades de l’Alcaptonurie est l’arthrite. Un régime restreint en protéines est parfois prescrit pour aider à réduire les douleurs des articulations causées par l’Alcaptonurie.

Si vous avez cette maladie, un tel régime vaut peut-être (?) la peine d’être envisagé.

L’article suivant va essayer d’expliquer :

1. Pourquoi ce régime peut agir,

2. Si ce régime est bénéfique,

3. En quoi consiste ce régime,

4. Que faire si vous pensez que ce régime peut vous aider.

2-1. Pourquoi un régime restreint en protéines peut-il être recommandable pour les malades de l'Alcaptonurie ?

Il y a de très bonnes raisons pour qu’un tel régime puisse aider à réduire les douleurs articulaires dans le cas de l’Alcaptonurie.

En effet, les protéines, présentes dans les aliments, sont décomposées dans les intestins en plus petits composants appelés acides aminés. Ces acides aminés, véhiculés dans tout le corps, servent à sa croissance, son entretien et sa guérison.

Or, un enzyme manque aux malades de l’Alcaptonurie, ce qui signifie que deux acides aminés, la Phénylalanine et la Tyrosine, ne peuvent être décomposés par le corps. En conséquence un sous-produit appelé Acide Homogentisique (HGA) s’accumule dans les articulations causant des douleurs (et l’arthrite).

Si le malade mange moins de protéines, il fabriquera moins d’HGA à partir de la Phénylalanine et de la Tyrosine. Par conséquent cela pourrait diminuer la douleur dans les articulations, ainsi que l’arthrite.

2-2. Ce régime est-il bénéfique pour les malades de l’Alcaptonurie ?

Des petites études publiées dans des journaux médicaux de bonne réputation ont démontré que ce régime réduisait la douleur et l’arthrite. Actuellement, il y a même d’autres études qui montrent qu’il est bénéfique chez les enfants (peut-être les adultes ont-ils du mal à suivre un tel régime ?).

2-3. En quoi consiste un tel régime pour l’Alcaptonurie ?

Les principales sources de protéines sont la viande, le poisson, les produits laitiers, les œufs, les noisettes, les haricots et les graines de légumineuses. On en trouve aussi en plus faibles quantités dans les produits céréaliers tels que le pain, les pâtes, les gâteaux, les céréales du petit déjeuner et les biscuits.

Il n’est pas possible de supprimer de sa diète tous les aliments contenant des protéines – nous ne pouvons pas vivre sans un peu de protéines. Ces aliments sont aussi des sources importantes de vitamines et de minéraux. Le but du régime est par conséquent de réduire les aliments contenant des protéines à un minimum de sécurité – qui peut être calculé par un diététicien suivant l´âge, le poids et le sexe.

2-4. Que faire si vous désirez commencer un tel régime ?

Il est très important de suivre un tel régime sous supervision médicale stricte. Sans la surveillance d’un diététicien diplômé, un tel régime pourrait conduire à des carences dangereuses en protéines, vitamines et minéraux.

Si vous pensez que vous aimeriez essayer ce régime pour diminuer vos douleurs d’articulations, demandez à votre docteur de vous indiquer un diététicien diplômé. Correctement supervisé, ce régime pourrait diminuer vos douleurs en toute sécurité. Le besoin en analgésiques peut être réduit par ce régime restreint en protéines. Les bénéfices de ce régime ne dure qu’aussi longtemps que vous diminuez l’apport en protéines.

 

3) DESCRIPTION ET TRAITEMENT DE L'ALCAPTONURIE :

Source : Centre Médical de l’Université d’Utrecht (Hollande). Barrientos ZM, de Valk HW. Résultats cliniques sur des malades de l’Alcaptonurie. J Inherit Metab Dis 2002 ; 25 (suppl. 1) : 61.

Contexte biochimique :

L’Alcaptonurie, la première erreur innée du métabolisme décrite par Garrod en 1902, est causée par le manque d’un enzyme appelé Acide Homogentisique Oxydase (HGO).

L’Acide Homogentisique (HGA) est un métabolite dans le métabolisme de la Phénylalanine et de la Tyrosine. HGO catalyse la conversion de HGA en Maleyacétoacétate.

Comme conséquence de ce blocage enzymatique, l’HGA s’accumule dans les fluides et les tissus du corps et l’excès d’HGA est aussi évacué en grandes quantités dans l’urine. Cet HGA, les polymères d’HGA et autres composés dérivés provoquent chez les malades de l’Alcaptonurie la coloration sombre caractéristique de l’urine une fois évacuée.

Contexte clinique :

Les anomalies cliniques de l’Alcaptonurie dérivent de l’excès d’HGA.

Dans quelques cas, l’Alcaptonurie est détectée à la naissance à cause de l’urine foncée ou de taches sombres dans certains types de couches. Il n’y a alors pas d’autres symptômes cliniques.

Dans les mois et les années qui suivent, l’excès d’HGA provoque la coloration sombre de cartilages et de tissus mous, entraînant la décoloration de l’oreille externe, de la sclérotique et quelquefois une nuance sombre de la peau.

Les années suivantes (commençant déjà à la pré-puberté et l’adolescence) des problèmes d’articulations peuvent apparaître. Avec le temps il y a destruction progressive des cartilages et des signes et symptômes de maladie des articulations.

Le début de la maladie peut varier de six à 60 ans. La vitesse de développement peut aussi différer d’un patient à l’autre. Généralement il y a augmentation des douleurs dans les articulations et utilisation douloureuse des articulations supportant du poids : genoux, hanches, colonne et épaules. Les petites articulations des mains et des pieds ne sont généralement pas affectées et ne subissent pas d’inflammation majeure (arthrite).

La nature progressive de la maladie conduit à des problèmes croissants, puis à de l’invalidité, entraînant de la chirurgie de certaines articulations. Certains malades finissent en fauteuil roulant. Ces problèmes peuvent obliger les malades à s’arrêter de travailler et à dépendre de la Sécurité Sociale. Il n’y a pas d’incidence significative sur la durée de vie.

On peut aussi constater l’excès d’HGA et la décoloration dans d’autres tissus. L’endothélium est lui aussi affecté, mais sans lien certain avec la maladie athérosclérotique prématurée. Les valves cardiaques, plus particulièrement la valve aortique, sont affectées également. Chez beaucoup de malades, on remarque un certain degré de calcification de la valve aortique, suite à la détérioration valvulaire causée par l’excès d’HGA. Le dommage valvulaire peut conduire à une sténose de la valve aortique et/ou à son insuffisance. Cette sténose de la valve aortique et/ou son insuffisance exige alors le remplacement de la valve.

On a aussi décrit l’association de l’Alcaptonurie avec des calculs dans les reins et dans la prostate, dus à l’excrétion dans l’urine de l’excès d’HGA.

En outre, on a observé des malades présentant des défauts de conduction dans la chaîne auriculaire ou des pertes d’audition, sans doute liés aux problèmes des petites articulations de la chaîne auriculaire et dus à l’excès d’HGA.

Pathophysiologie biochimique :

Les détériorations des organes associées à l’Alcaptonurie sont dues à l’excès d’HGA, des polymères d’HGA et de leurs composés dérivés.

Les principaux organes endommagés sont les cartilages et le système musculo-squelettique, ainsi que l’endothélium vasculaire.

D’un point de vue pathophysiologique, l’HGA est un composé nécessaire pour causer l’Alcaptonurie. Cela peut être dû à l’HGA lui-même, les polymères de l’HGA et/ou les métabolites de l’HGA (acétate benzoquinone).

Le mécanisme de détérioration de l’HGA peut se déclencher suivant différents processus.

L’HGA (ou ses composés dérivés) peut avoir un effet direct toxique sur les composants du cartilage, y compris les cellules (chondrocytes) ainsi que les macromolécules (protéoglycans). Cet effet toxique peut être produit par la génération de radicaux oxygénés (liés à l’acétate benzoquinone) mais aussi peut être dû à d’autres processus.

L’effet de l’HGA peut aussi être lié aux effets des polymères de l’HGA. Il semble que la détérioration causée par l’HGA se trouve mêlée en particulier à des résidus de lysine dans les protéines du cartilage.

Finalement des études in vitro ont indiqué qu’un fort taux de HGA affaiblit la production de protéoglycans par les chondrocytes et diminue le "cross-linking" des fibrilles de collagène dans les cartilages.

On peut concevoir des processus similaires pour le mécanisme de détérioration de l’endothélium, de même que pour la chaîne de conduction auriculaire. Les calculs dans l’appareil urinaire se forment à cause de la forte concentration d’HGA dans l’appareil urinaire, quelquefois en combinaison avec une anomalie physique fournissant un nid pour une formation de calculs.

Traitement :

Jusqu’à maintenant, il n’y a aucun traitement satisfaisant. Se restreindre en protéines pour réduire le substrat à l’enzyme déficient est difficile à exécuter et sans preuve d’efficacité.

La vitamine C comme anti-oxydant pour prévenir les détériorations des cartilages dues à l’HGA n’a pas non plus démontré son efficacité. D’un point de vue pathophysiologique, empêcher l’approvisionnement de substrat à l’enzyme déficient HGO empêcherait l’excès et l’accumulation de HGA et ainsi la détérioration de l’organe concerné.

Le nouveau médicament NTBC (Nitisinone) inhibe l’enzyme 4-hydroxy-phénylpyruvate dioxygénase (HPPD) qui convertit 4-hydroxy-phénylpyruvate en HGA ; ainsi, peu de HGA est généré empêchant son accumulation.

 

SE MOBILISER POUR LA SANTE, DES ASSOCIATIONS DE PATIENTS TÉMOIGNENT :

Livre édité par "Les Presses Mines Paris Tech"
Titre : "Se mobiliser pour la santé, des associations de patients témoignent".
Auteurs : Madeleine Akrich, Cécile Méadel, Vololona Rabeharisoa
Parution : 02 / 2009
ISBN : 978-2-35671-003-1
206 pages, 15 x 21
Prix du livre : 19 €
Prix internet : 18,05 €

Le domaine de la santé a été largement transformé depuis une vingtaine d’années par l’action des associations de patients. Ces associations s’impliquent dans la production et la diffusion de connaissances sur les maladies et les questions de santé ; elles jouent un rôle actif dans l’émergence et la consolidation des mobilisations collectives autour des problèmes de santé ; elles sont reconnues comme des acteurs à part entière de la démocratie sanitaire aux côtés des pouvoirs publics, des professionnels et des acteurs économiques. Face aux mutations pressantes du domaine, elles pensent et explorent de nouvelles formes d’action associatives, de nouveaux modes d’intervention publique.
Cet ouvrage rend compte directement de l’expérience des associations, à travers une série de discussions collectives conduites avec une cinquantaine d’entre elles. Ces témoignages éclairent la compréhension du fonctionnement associatif et permettent d’appréhender les défis auxquels les associations sont aujourd’hui confrontées ; ils sont destinés à favoriser le dialogue entre les usagers, le monde politique et les professionnels.

http://www.ensmp.fr/Presses/consultation.php?livreplus=116